Domicile partagé : une colocation qui n’a pas d’âge

Vous avez dit « colocation intergénérationnelle » ? Le principe est simple : un duo composé d’un jeune et d’un senior, qui vit sous le même toit. Ce mode de cohabitation atypique séduit de plus en plus. Il s’agit d’un système d’échange de bons procédés puisqu’il permet à la personne âgée de rompre avec la solitude et à l’étudiant de limiter ses dépenses en matière de logement.

Mohamed et Gisèle cohabitent ensemble depuis trois ans. // M. Mellinger

Mohamed et Gisèle cohabitent ensemble depuis trois ans. // M. Mellinger

L’association « un toit, deux générations » existe un peu partout en France, mais également en Moselle et Meurthe-et-Moselle depuis 2008.  « D’ici janvier 2015, l’association compte développer ce dispositif au Luxembourg » annonce Moussa Seck, directeur de l’association.

En six ans, 112 binômes ont été créés. Seulement quatre la première année et 44 en 2013.

Avant de pouvoir habiter avec une personne âgée, il y a plusieurs étapes :

  • un recensement et une sélection des dossiers de candidature,
  • une visite des membres de l’association au domicile de la personne âgée,
  • un entretien pour le jeune avec l’association,
  • l’association met ensuite le duo en relation,
  • si tout se passe bien, un contrat est signé,
  • une fois le duo créé, l’association effectue un suivi et intervient en tant que médiateur si besoin.

La personne âgée doit remplir plusieurs conditions pour pouvoir accueillir un jeune chez elle. Tout d’abord elle doit disposer d’une chambre de 10m² minimum avec tout le mobilier nécessaire. Elle doit être retraitée et être quelqu’un d’ouvert et autonome.

En ce qui concerne le jeune, ce n’est pas obligatoirement un étudiant. Il peut très bien être salarié. « Il faut cependant qu’il ait cette volonté de trouver un logement convivial et être prêt à rendre des services à la personne âgée », précise Moussa Seck. Le jeune doit également avoir envie de partager des moments avec une personne d’une autre génération. 90% d’entre eux sont originaires de l’Hexagone, 5% de l’Union européenne et 5% du Maghreb et de l’Afrique noire.

Trois formes de cohabitation 

Du côté des jeunes, 70% des demandes enregistrées par l’association viennent du jeune directement, 15% de la part des parents, 10% de la part des boutiques du logement (Claji, Loge Toit) et 5% des assistantes sociales du CROUS.

Il existe ensuite, trois formes de cohabitation. La forme solidaire où le jeune s’engage à être souvent présent et à aider la personne âgée à effectuer certaines tâches quotidiennes comme les courses ou la cuisine. Dans ce cas-là, il est accueilli gratuitement. C’est le cas de Mohamed qui vit chez Gisèle à Metz depuis maintenant 3 ans.

La deuxième forme se dit conviviale : le jeune n’est pas obligé d’être là tout le temps et ses services quotidiens sont allégés. Un planning des tâches est cependant défini pour chaque semaine. En échange de l’hébergement, il participe aux charges (eau, chauffage, électricité) à hauteur de 50 à 80€ par mois. Enfin, il existe également la forme conviviale avec indemnité mensuelle. Dans ce cas, le jeune n’est pas obligé d’être  très souvent présent, en revanche il paie un loyer modeste et s’engage à créer des relations conviviales avec son colocataire.

Ces quatre dernières années, « l’association enregistre en moyenne chaque année entre 85 et 120 demandes de candidature du côté des jeunes alors que l’offre de logement des personnes âgées reste constante. Entre 25 et 48 binômes sont ainsi créés chaque année », conclut le directeur de « un toit, deux générations ».

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