À 50 ans, elle a mis deux mois à retrouver un emploi

Marianne Mulattieri a mis deux mois à retrouver un emploi.

Marianne Mulattieri a mis deux mois à retrouver un emploi.

Après avoir connu une période de chômage l’été dernier, Marianne Mulattieri, « quinqua », a retrouvé en l’espace de deux mois un CDI. Face à ce fléau qui touche la Lorraine (+5,7% en 2013), la Messine a remporté une bataille à la surprise générale.

En ces temps où le travail rime avec trouvaille, c’est presque un exploit. « Tu te rends compte à ton âge… La galère dans laquelle tu vas être… Qu’est-ce tu vas devenir ? », voilà une brève liste d’inquiétudes portées par ses proches à l’annonce de son chômage. « Rien que pour leur tenir tête, je devais trouver », s’amuse aujourd’hui Marianne Mulattieri. En juin dernier, d’un commun accord avec son employeur, elle met fin à son contrat de responsable administrative et financière. « J’ai du m’inscrire à Pôle Emploi pour bénéficier des indemnités mais j’ai commencé à chercher avant la fin de mon contrat », raconte la quinquagénaire. « Les agents m’ont demandé si je voulais être assistée dans ma recherche d’emploi, j’ai répondu non. Je voulais d’abord tenter mon coup moi-même », poursuit la Messine. Marianne contacte alors son réseau de professionnels sur LinkedIn ou encore Viadeo. « J’avais aussi quelques cartes de visite récoltées à des séminaires. J’ai pas hésité, j’ai appelé. » Mais aucune proposition concrète. La quinqua ne baisse pas les bras : chaque jour, elle épluche les offres sur Internet (Apec) et postule en masse. « En deux mois, j’ai envoyé plus de 150 candidatures dans ma branche. Les trois quarts m’ont répondu. »


Inespéré

Parmi les réponses, Marianne a un coup de cœur pour un poste de comptable. Après l’entretien, elle n’hésite pas à se faire recommander par son réseau de professionnels (présidents de société, cadres). « Je ne sais pas si c’est ce petit plus qui m’a fait avoir mon job… mais je l’ai eu », relate Marianne. Même si son domaine n’est pas le plus touché par la crise, la Messine a malgré tout fait une concession. « J’ai perdu un quart de mon précédent salaire mais je ne vais pas faire la fine bouche. L’essentiel, c’est que je retravaille et que le poste me plaise. » Avec ses 50 ans et le contexte économique, Marianne ne pensait pas trouver si rapidement (ndlr : son CDI a débuté le 19 août). L’inversion de la courbe du chômage en 2013 ? Elle n’y a jamais cru. « Je comptais plus sur ma volonté que sur l’aide du gouvernement. La peur générait ma motivation. »

« Chanceuse »

« Quand j’ai appris que j’avais le poste, j’ai débouché le champagne », assure l’interviewée. S’estimant très « chanceuse », elle tient tout de même à mettre les points sur les « i » : « il n’y a aucune honte à être au chômage. » Lors de sa courte période de chômage, Marianne s’était fait une promesse. « Si je trouve rapidement un CDI, je deviendrais bénévole dans une association pour aider les personnes sans activité. » Une fois confirmée dans son travail, la quinquagénaire a tenu sa parole. Le mois dernier, elle s’est lancée avec SNC (Solidarités nouvelles face au chômage). Une association pour accompagner ceux qui peinent à retravailler.

« La recherche d’emploi est un emploi en soi »

Marianne Mulattieri décrit dans cet extrait la journée type d’une personne au chômage.

infograpie chômage

Bon à savoir :

cat.A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi.
cat.B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte.
cat.C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue.

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