UMP : Vers une scission ?

La crise. Le mot est employé depuis une semaine. D’un côté, Jean-François Copé, actuel président du premier parti de France. De l’autre, François Fillon, favori déchu qui récuse cette situation. L’ex-Premier ministre souhaite créer un groupe parlementaire qui sera dissous uniquement si une nouvelle élection a lieu…

Copé, Fillon, duel à l’UMP. // Photo : Le Figaro

Revoter. Telle est l’exigence des Fillonistes. Estimant qu’aujourd’hui « personne n’est président de l’UMP », François Fillon a appelé à une nouvelle élection pour la présidence du parti « dans les trois mois », informe le quotidien Le Monde. Une manière dite « démocratique » pour sortir de cette impasse. En attendant une réponse positive des Copéistes, c’est la dissidence. « J’ai décidé, avec les députés qui me suivent, de constituer un groupe parlementaire qui aura pour nom le rassemblement UMP (R-UMP) », a annoncé François Fillon, lors d’une conférence de presse au Musée social à Paris. Mais pour colmater la brèche – déjà bien entrouverte – , l’ancien Premier ministre a martelé : « Nous sommes à l’UMP et nous restons à l’UMP. » Pourtant, les mésententes, les désaccords et les phrases bien intentionnées fusent entre les « deux camps ». Difficile de parler d’union… Faire temporairement chambre à part, c’est donc vers cela qu’on se dirige. Le groupe UMP à l’Assemblée nationale, présidé par Christian Jacob, compte 195 députés. « Au moins 50 » rejoindraient le groupe dissident, a estimé Laurent Wauquiez à 20 Minutes, tandis qu’Éric Ciotti évoquait au micro d’i>télé ce midi « qu’il y aurait beaucoup plus de membres qu’ils ne l’imaginaient. » La création de ce groupe de députés fillonistes ne rassemblera néanmoins pas tous les soutiens de l’ancien Premier ministre. Le député David Douillet, pro-Fillon, a annoncé ce mardi midi sur i>télé qu’il refusait de rejoindre le R-UMP, estimant « qu’on ne quitte pas le navire quand on est dans la tempête. »

Extorsion

Le camp Copé ne s’est pas privé pour réagir. « C’est du chantage », dénoncent les proches de l’actuel président du parti. Tôt ce matin sur France Info, Jean-François Copé a exclu de « revoter tout de suite ». Christian Jacob, Copéiste, pense que la création d’un nouveau groupe parlementaire provoquerait « l’éclatement de l’UMP » : « Ce serait irréparable. Cela n’a pas de sens d’avoir un parti et deux groupes parlementaires. » Beaucoup de membres du parti sont excédés par la situation. Le vainqueur s’est adressé au perdant : « Le temps est venu de tourner la page. Une élection a eu lieu, son résultat a été confirmé deux fois de suite », a rappelé Jean-François Copé.

Nicolas Sarkozy serait « pour une nouvelle élection » et déconseille à François Fillon de « saisir la justice. » Ce qui marquerait en effet la scission proclamée au sein d’une UMP déjà à terre. Une chose est sûre : cette « dislocation » – annoncée ? (ndlr : depuis l’élection de François Hollande) – laissera des cicatrices au sein du premier parti de France.

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