Hugo Lloris : gardien d’un nouveau genre

Humble, calme, discret, ce ne sont pas les mots que l’on attribuerait habituellement à un gardien de
foot. Et pourtant, ces termes définissent parfaitement Hugo Lloris, numéro 1 de l’équipe de France à
ce poste. Le jeune footballeur ne répond pas aux stéréotypes de la profession. Sa simplicité et sa
maturité en sont la preuve.

Hugo Lloris, 25 ans, gardien numéro 1 de l’équipe de France. // Droits réservés


Il est différent. Pas aussi musclé que Grégory Coupet certes, mais sans doute un peu plus cultivé
que Fabien Barthez. Issu d’une famille niçoise plutôt aisée, Hugo n’est absolument pas du genre
« bling-bling ». Bien au contraire. On le connait plutôt pour sa timidité. Même si ces derniers
temps, le jeune Hugo a su montrer qu’il était grand.

Hugo Lloris, dans son élément.   // Droits réservés

Du haut de son mètre quatre vingt-huit et à
seulement vingt cinq ans, il évolue aujourd’hui dans le prestigieux club de Tottenham, en
Angleterre. Ses débuts chez les « Spurs » sont « mitigés », mais le Niçois est toujours réputé
comme le « sauveur » en équipe de France. Contrairement à ses prédécesseurs, le portier conjugue
retenue médiatique et efficacité sur le terrain. Jamais un mot plus haut que l’autre, l’homme est un
exemple du foot comme on en connait peu. Les médias se l’arrachent mais la lumière, Lloris la fuit.
Hugo a longtemps renoncé à cette exposition. Mais pour ne pas paraître asocial, il accepte le
minimum. Christian Jeanpierre est venu plusieurs fois à la charge pour le faire venir à Téléfoot sur
TF1. Il a imposé deux conditions : « Deux minutes, pas plus et ne fais pas de sensationnel en me
présentant comme le meilleur gardien du monde. » Peu ordinaire pour un joueur dans ce milieu.

Self-football-man

Fils d’un banquier et d’une mère avocate, le joueur a choisi de se focaliser exclusivement sur le
football à l’âge de treize ans. Le petit Hugo rejoint l’OGC Nice, son club formateur, trois ans plus
tôt. Il commence tranquillement ses bons arrêts et surclasse tous les jeunes gardiens de sa
génération. Ses entraîneurs et ses coéquipiers sont impressionnés : « Marquer un but à Hugo n’a
jamais été facile. Il a des réflexes surprenants et anticipe très bien. » Au-delà du ballon rond, le
jeune niçois n’en néglige pas moins ses études. C’était son choix. Il obtient brillamment son
baccalauréat scientifique dans son lycée public. « Mes parents m’ont montré le chemin, j’aurais pu
suivre leur exemple, je n’étais obligé à rien dans le foot. Après, vous faites mieux tel truc que tel
autre et les choses arrivent », confesse le gardien.

Hugo Lloris, transféré à Tottenham cet été pour plus de         10 millions d’euros.   // Droits réservés Tottenham

L’en empêcher était « inenvisageable » pour ses
parents. Et quel gâchis ça aurait été quand l’on voit les services rendus par le talentueux portier. Son
premier club, l’OGC Nice, en garde un excellent souvenir. Demandez aussi à l’Olympique Lyonnais si
Lloris n’a pas laissé sa trace et sauvé plusieurs fois le club d’un résultat négatif. On reproche souvent
aux jeunes joueurs de privilégier l’aspect financier au détriment de l’aspect sportif et de partir très
tôt à l’étranger. Mais Hugo a privilégié l’OL à l’AC Milan pour devenir titulaire d’une « grande
équipe ». Aujourd’hui, l’ancien « aiglon » a pris son envol pour Tottenham, bien mûr et mature.

Exemplaire

« Je suis tellement heureux pour lui de voir où il est arrivé. Il le mérite, tout simplement. C’est
étrange parfois de se dire qu’il joue aujourd’hui sur les plus grands terrains du monde et qu’il y a
dix ans, on faisait partie de la même équipe », raconte Romain Faraut, un de ses amis qui n’a pas
percé dans le foot. Lloris n’oublie pas ses anciens camarades et ses attaches. À son mariage, le 6
juillet dernier, aucune star n’était présente aux deux cérémonies. Sobriété, discrétion et stabilité : il a
rencontré sa compagne sur les bancs du lycée. Preuve vivante que l’on peut briller
professionnellement et sentimentalement.

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