« On ne peut pas aujourd’hui faire campagne sans se soucier d’Internet »

Intervenant de la conférence « L’E-campagne présidentielle » samedi pour les Rencontres de Cannes, Benoît Thieulin s’est prêté au jeu du « 3 questions à… ».

Le jeune entrepreneur est le fondateur de « La Netscouade », une agence internet qui est spécialisée dans le Web social et communautaire. Il a découvert Internet lors de ses études et suit de très près son développement. Benoît Thieulin a aussi un vécu politique auquel il mêle ses connaissances en informatique.

Vous avez été le directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007. Comment êtes-vous arrivé là ?

Je me passionnais depuis très longtemps sur le rôle que pouvait avoir Internet dans la transformation du monde. On vit une révolution, qui est équivalente à la Révolution Industrielle ou celle de Gutenberg. C’est un bouleversement total, l’informatique et Internet changent le monde. Je m’intéresse parallèlement à la politique et j’ai donc voulu voir le rôle qu’Internet avait dans ce domaine. Étant engagé à gauche, j’ai un jour rencontré Ségolène Royal et elle m’a embarqué dans son aventure.

Twitter, un concurrent pour les médias ?

Je ne pense pas. Un homme politique ne peut pas aujourd’hui faire campagne sans se soucier d’Internet. On aura une information plus rapidement sur Twitter auprès d’un public prescripteur. Seulement, le grand public ne va pas la connaître car il n’est pas sur Twitter. En revanche, les journalistes, eux, y sont. Ils vont remarquer ce tweet et le diffuser. Il y a une espèce de complémentarité des médias, entre anciens et nouveaux. Le média de masse reste la télévision, mais les nouveaux médias impulsent et complètent une information. Cela vient s’intercaler et unifier toute la chaine médiatique.

Est-ce qu’Internet joue un rôle dans la politique, notamment pour les prochaines élections ?

Oui, c’est indéniable. Internet est devenu l’espace principal du débat public. Les médias traditionnels sont souvent des médias d’information majeurs mais ce sont peu des lieux de débats. On ne discute pas quand on regarde le JT de 20 heures alors qu’on le fait énormément sur Internet. Qu’on le veuille ou non, les hommes politiques peuvent faire entendre leur voix. Par conséquent, la décision de vote s’est fortement déplacée sur Internet.

Publicités