Un métier solitaire mais enrichissant

Olivier Bertrand, correspondant régional pour Libération, est venu au Collège International de Cannes présenter sa profession.

Olivier Bertrand est venu en conférence au Collège International vendredi dernier présenter son métier.

C’est l’histoire d’une profession qui s’appelle correspondant régional. Un journaliste de province chargé de rendre compte de l’actualité d’une zone géographique précise pour un média national. Pour leur deuxième conférence de l’année universitaire, les étudiants de l’IUT Journalisme de Cannes ont rencontré l’un d’entre eux. Olivier Bertrand, 47 ans, travaille pour le quotidien Libération.

Vendredi, peu après 14 h, l’invité plutôt discret, arrive au Collège International. Il s’apprête à répondre aux questions des deux étudiantes, prêtes à l’interviewer. Au premier abord, on sent tout de suite la sympathie et l’humilité que dégage ce journaliste.

Polyvalence oblige

Face à un jeune public, Olivier Bertrand parle de sa profession qu’il exerce depuis 11 ans. « De 1997 à 2000, j’étais journaliste aux services « politique » puis « société » de Libération. Et puis le journal a réalisé qui lui manquait des correspondants en province. Il y a donc eu un appel d’offres. J’étais partant », raconte t-il avec enthousiasme. C’est ainsi que l’homme atterrit à Lyon. Il est alors correspondant régional en Rhône-Alpes jusqu’en février 2011. Ensuite il rejoint le Sud, pour exercer ce même métier, à Marseille. On l’avait informé et il le réalise lui-même : « Il faut être polyvalent. Un correspondant ne peut pas se permettre d’être spécialisé dans un domaine. Il doit s’occuper de toutes les rubriques en fonction de l’actualité. Évidemment, c’est stressant ! La peur d’écrire des conneries est omniprésente. » Toutefois, l’homme présente aussi des avantages à la profession : « Tous les jours, on apprend des choses diverses et variées. C’est très enrichissant. Mais ça demande beaucoup de temps. On fait ce métier par conviction. »

Être autonome

Il y a deux raisons qui distinguent un correspondant régional d’un journaliste de PQR (Presse quotidienne régionale). La première est que le correspondant s’adresse à un lectorat national et non local, donc l’écriture n’est pas la même. La deuxième concerne la prise d’initiative. Le correspondant régional exerce sa profession sans aucune pression. Il est libre de toute contrainte. Ce qui n’est pas toujours le cas des journalistes de PQR. « Je connais des journaux régionaux qui sont contrôlés par les élus. Gaston Defferre, lorsqu’il était maire de Marseille, relisait et « corrigeait » La Provence chaque soir, avant que les journaux soient imprimés. Ma profession me permet de jouir de liberté », assure Olivier Bertrand. Seulement, le correspondant doit être autonome. « Quand on travaille à Paris, on peut partager ses idées avec la rédaction. Quand on est loin du journal, on travaille seul. On existe que si on écrit. J’ai au téléphone mes confrères chaque jour pour leur dire de quoi je traite. C’est de ma responsabilité de ramener des informations bien rédigées », explique l’invité aux étudiants.

Après avoir exprimé son engouement pour le métier, Olivier Bertrand a même confié au public qu’il avait refusé l’offre de responsable du service « société » de Libération. La passion du terrain prend le dessus.

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