De la Terreur des enfants

Voici un pamphlet, reprenant le modèle de « De l’esclavage des nègres » (1748) de Montesquieu, sur le dépistage précoce de la délinquance.

Si nous avions à soutenir le dépistage des enfants délinquants , voilà ce que nous dirions :

Les enfants devenant criminels de plus en plus tôt, il eut été nécessaire de les contrôler lors de la récréation.

Les sarbacanes de carnaval pourraient devenir des armes de destructions massives, si les industriels ne stoppent pas leur importation.

Ceux dont il s’agit sont diaboliques des pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le cri si perçant, qu’il est presque impossible de les maitriser.

On ne peut se mettre dans l’esprit qu’une femme, si douce soit-elle, ait mis au monde, une créature si dangereuse.

Il est si naturel de penser que c’est la criminalité qui constitue l’essence de l’enfance, que le peuple français prive toujours les bébés du rapport intime qu’ils ont avec nous.

On peut juger de la dangerosité d’un bambin par son imagination débordante, qui pour certains psychologues, les meilleurs philosophes du monde, est d’une si grande importance, qu’un dessin d’une fleur, si elle est de couleur sombre, présagerait de futurs Breivik.

Une preuve que ces garnements sont violents : déjà fœtus ils donnaient des coups à leur maman.

Il est impossible que nous supposions que ces enfants-là soient innocents, parce que, si nous les supposions innocents, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes des êtres irréprochables.

Des inconscients sous-estiment trop la violence que possèdent les enfants de 5 ans, car si elle n’était pas aussi nocive pour notre société, pourquoi le prince de l’Éducation, Luc Chatel, mettrait en lumière un tel projet ?

Sketch de Florence Foresti

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