Rédacteur en chef avec un « bac+2 »

Alain le Gouguec, rédacteur en chef à France Inter, est passé au Collège International pour parler de l’arrivée à son poste.

Alain le Gouguec est rédacteur en chef à France Inter.

Les étudiants de l’IUT Journalisme de Cannes ont assisté vendredi à la première conférence de l’année universitaire. Leur invité était Alain le Gouguec, rédacteur en chef à France Inter. Ce dernier s’est étendu durant un bon moment sur son bagage universitaire, plutôt mince. Et pourtant aujourd’hui, il est bien le « numéro 3 » de la deuxième radio généraliste de France…

Vendredi, 14h45, la cour est encore bondée de jeunes étudiants. Quand soudain, l’homme tant attendu surgit. Discrètement, il se précipite vers le théâtre du Collège International, lieu où se déroule la conférence. Tout le monde prend alors place au sein de la salle, encore bien sombre. Quelques minutes plus tard, le journaliste est assis en face du public avec deux étudiants à ses côtés, prêts à l’interviewer.

Pas longtemps étudiant

Sans tarder, les présentateurs entament le thème qui étonne tout le monde : son parcours universitaire ! L’actuel rédacteur en chef de France Inter n’a qu’un « bac+2 ». Et il a suivi la même formation que les jeunes autour de lui. Dans un IUT différent toutefois, celui de Tours. À 20 ans, Alain le Gouguec fait ses débuts dans la presse écrite (Presse Océan puis La Dépêche du Midi). Quelques années plus tard, il s’engage avec Radio France Côte d’Azur. Et là le journaliste ne cesse de monter en grade. Il rejoint France Inter pour présenter la matinale, puis s’exile une année à Libreville (Gabon) pour prendre la direction du « secteur Afrique ». De retour à Paris et après de nombreux rebondissements avec la direction, Philippe Val, le nouveau président, le nomme rédacteur en chef en 2009.

« Restez simples et croyez-y ! »

Alain le Gouguec n’a cessé de donner des conseils aux étudiants concernant leur avenir. « N’oubliez pas qu’on vous juge sur vos compétences et non sur votre formation », débute t-il devant les regards intrigués du public. Pour lui, l’IUT forme des jeunes dans la simplicité et permet de mélanger des étudiants de toutes catégories sociales : quelque chose d’essentiel pour cet homme issu d’un milieu défavorisé. « Je ne supporte plus les stagiaires des grandes écoles qui sont bien arrogants. J’ai envie de leur donner deux claques », s’emporte t-il, visiblement lassé. Il ne comprend pas le complexe des étudiants qui ont du mal à s’imaginer « si haut » plus tard. « La seule difficulté pour vous, c’est votre manque de culture générale. Deux ans d’études, ce n’est pas assez pour bien la développer. C’est pourquoi c’est à vous, de votre côté, de palier cette faiblesse. Lisez tout ce qui vous tombe sous la main, c’est très important ! », assure le rédacteur en chef. Toutefois, il voit en cette lacune un avantage qui n’est pas à négliger : « Ceux qui sortent de Sciences Po ou des écoles de journalisme croient être truffés de connaissances. Ils perdent alors leur curiosité et même leur ouverture d’esprit. Deux qualités indispensables au journaliste ! Et ça, on ne le retrouve pas chez vous. Restez simples et croyez-y ! » conclue Alain le Gouguec, bien pétulant.

Cette conférence a donné le sourire aux étudiants. En écoutant le rédacteur en chef défendre leur cause, ils ont retrouvé confiance et croient en un avenir un peu plus prospère…

Publicités